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Examinez votre vie

avec 2 commentaires

poster_largeWe should break this root in nature…. we should be more artificial”

Slavoj Zizek (pardonnez l’orthographe, je ne sais pas comment faire le “z” avec bulle)

 Est-ce le propre du philosophe de décortiquer la vie, l’existence, l’agir? Certainement pas. La philosophie des livres et des classes d’école restent encore le point de départ de nos questionnements et de nos réflexions.

Dans le but d’alimenter la pensée, et probablement dans le but de forcer les philosophes de notre temps à vulgariser et résumer leur propos, Astra Taylor, Lea Marin et Bill Imperial ont demandé à des grands noms de parler philosophie, devant la caméra, 10 min top chrono. Résultat: Examined Life.

Cela donne un éventail très large mais riche d’idées. Certains d’entre eux m’ont donné envie de renouer avec cette discipline que j’affectionais tant pendant mes premières années universitaires.

Slavoj Zizek, sur l’idéologie de l’écologie et sur fond de dépotoir

L’écologie serait le nouvel “opium du peuple”, pour reprendre l’expression de Marx. L’écologie a remplacé la religion pour justifier le oui et le non, ce qu’il faut faire de ce qu’il ne faut pas faire. De plus, cette idéalisation de la nature, comme un tout harmonieux et paisible que l’être humain est venu saccagé est un non sens. La nature est catastrophe. Au lieu d’essayer de nous enraciner dans ce concept de la nature immaculée, nous devrions au contraire nous en éloigner le plus possible, et “devenir plus artificiels”.

Kwame Anthony Appiah à l’aéroport, sur le cosmopolitisme

examinedlifephoto06Appiah discute des “conflits de valeur” qui sont en fait un témoin de notre manque d’éthique et de moralité. Pour résumé grossièrement, nous vivons à une époque où notre “communauté” possède des millions ou des milliards de têtes. Nous ne sommes pas fait pour ce genre de discussion, nous sommes capables de faire du un à un, mais un avec tous, non. Notre but moral devrait donc être de trouver une solution à ce rapport multiple.

“Ne rester ou ne regarder que ça communauté, son local, ça, ça n’est pas moral. Mais l’oublier complètement nous éloignerait, selon moi, de notre humanité. Ce que nous devons apprendre, c’est comment vivre avec les deux”, Appiah (traduction libre).

Cosmopolitanism: Ethics in a World of Strangers, Appiah
un résumé du livre

Judith Butler and Sunaura Taylor, sur le corps

Sunaura Taylor est handicapée et se déplace à l’aide d’un fauteuil motorisé. Et elle prend des marches. Quand elle se commande un café, elle aimerait bien le transporter jusqu’à la table avec sa bouche, elle en est capable. Mais ce n’est pas un usage buccal socialement accepté.

Butler raconte l’histoire d’un garçon de 18 ans, qui avait une démarche très féminine. Un jour, il s’est fait attaqué par un groupe de jeunes du quartier. Ils l’ont lancé par dessus un pont et le garçon est mort. “Une démarche peut-elle être si dangeureuse?” se demande-t-elle.

Une conversation sur ce qu’est le corps, ce qu’on peut faire avec, et même sur ce que que veut dire l’humanité d’un être.

Bien évidemment, certains philosophes vulgarisent mieux que d’autres. Toutefois, Examined Life reste aussi accessible que peut l’être son propos. Un exercice pour libérer sa pensée et se construire un esprit critique.

Le film est présenté jusqu’à vendredi au Cinéma du Parc.

Rédigé par Sarah Pisanu

15 avril 2009 à 2 h 30 mi

Publié dans Film, Philosophie

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